Quand la nuit devient jour de Sophie Jomain


Edition : Pygmalion

238 pages 

4ème de couverture : 

On m'a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m'enfonce une épine dans le pied, décrire l'échauffement d'une brûlure, parler des noeuds dans mon estomac quand j'ai trop mangé, de l'élancement lancinant d'une carie, mais je suis incapable d'expliquer ce qui me ronge de l'intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n'est en mesure de m'aider. Dieu, la science, la médecine, même l'amour des miens a échoué. Ils m'ont perdue. Sans doute depuis le début.
J'ai vingt-neuf ans, je m'appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée.


Mon ressenti : 
Vous le savez, j'ai un amour inconditionnel pour la plume de Sophie Jomain. Et pourtant, ce roman, il m'a fait peur, très peur. A cause de son thème évidemment. Et si je n'aimais pas ?
Je peux vous dire que cette chronique m'a pris du temps, (ma lecture remonte à fin décembre) car je peine à mettre par écrit ce que j'ai ressenti à cette lecture.

Camille nous raconte son histoire sur une trentaine de pages. Elle nous apprend tout sur son parcours, de son enfance à aujourd'hui où elle reçoit l'accord du comité de médecins pour son euthanasie. 
Sophie arrive à poser des mots simples et efficaces, avec un ton très juste, sur la souffrance de Camille et on ne peut que comprendre son choix d'en finir.
Une fois que Camille a donné les faits, on la suit lors de ces 3 derniers mois pendant le reste du roman.

Je m'attendais à beaucoup pleurer pendant ma lecture. Ça n'a pas été le cas. Camille n'a que faire de notre pitié, elle n'attend rien de nous. J'ai presque eu l'impression d'un témoignage plus que d'un roman.

Si je ne me suis pas identifiée à Camille, en revanche, j'ai respecté sa décision, tellement difficile à prendre, ne serait-ce que vis à vis de ses parents. C'est un personnage d'une grande force, courageuse, déterminée, que j'ai admiré.

Et malgré toute la douleur physique et morale, la noirceur de la vie de Camille, un rayon de soleil illumine ce roman. Je ne vous dirais pas quoi évidemment...

Je tiens à préciser que ce roman n'est pas une ode à l'euthanasie volontaire. La polémique n'a pas sa place. On est là pour comprendre pas pour juger le choix de Camille.

Un peu plus haut, je disais n'avoir pas beaucoup pleuré. Mais le dernier chapitre a eu raison de moi et mes larmes ont coulées jusqu'à la dernière ligne.

D'ailleurs Sophie, c'est quoi cette dernière ligne ?!

En bref :
Un roman qui m'a marqué, que j'ai beaucoup aimé et que je vous conseille !



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